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V
- 35
Revue du collectif Engagé, un groupe d'élèves volontaires du lycée La Martinière Duchère à Lyon, accompagné par l'association Filactions qui fait de la prévention sur les violences sexistes.
"Les stéréotypes, les normes, les discriminations... C'est un tas de trucs qui nous dictent comment on doit être ou pas être, qui nous fait toujours sentir trop ou pas assez, ou à côté, et qui nous contraint, voire même qui peut nous pourrir la vie".

GENRE ; STEREOTYPE ; DISCRIMINATION ; ADOLESCENCE ; TEMOIGNAGE ; JEUX

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y
- 100
Cote : REMAIDES 133
SIDA : QUAND L'ÉTAT DÉBRANCHE LES ASSOS

Le secteur de la lutte contre le VIH/sida en France tiendrat- il jusqu'en 2030 ? La question pourrait passer pour rhétorique si on en juge par la teneur très alarmiste d'une tribune publiée le 17 septembre, dans les colonnes de L'Humanité. « À l'initiative de Sidaction, 93 structures et 175 personnalités et acteurs/actrices de la lutte contre le VIH et de la solidarité ont signé une tribune rappelant que sans les associations, nous ne mettrons pas fin à l'épidémie de VIH », rappelait fort opportunément Florence Thune, directrice générale de Sidaction, dans un tweet, cet automne. Le constat fait dans la tribune est cinglant : « Les associations, actrices centrales et piliers historiques de la lutte contre le VIH, sont asphyxiées. Les fragiliser davantage, c'est fragiliser toute notre réponse à l'épidémie et voir se dégrader la qualité et condition de vie des usagers-ères. » Nous en sommes là. Rembobinons.

Si depuis près de quarante ans, la France a pu faire face à l'épidémie de VIH, c'est, comme le soulignent les signataires de la tribune, grâce à une « alliance solide entre les pouvoirs publics, les institutions de santé, la recherche et les associations de terrain ». Longtemps, la dynamique à l'œuvre a fonctionné, non sans accrocs, mais elle a fonctionné. Depuis plusieurs années et à la suite d'une série de décisions des pouvoirs publics, cette dynamique est en péril. Différentes mesures budgétaires et réglementaires ont été adoptées, elles ont eu pour conséquence de « fragiliser dangereusement » les associations. Il y a eu les baisses drastiques de contrats aidés et de contrats adultes-relais qui ont joué sur les moyens humains. À cela s'est ajoutée l'extension de la prime Ségur (2024) dans le secteur sanitaire, social et médico-social privé à but non lucratif. La mesure qui était attendue, avait du bon sur le papier, puisque cette revalorisation des salaires visait à en corriger les inégalités en vigueur dans ce secteur et à pallier un déficit d'attractivité. Le problème est que l'État a contraint tout un secteur à s'engager dans des dépenses salariales auxquelles il ne peut faire face. Faute de compensation financière par l'État (qu'elles sonnent creux d'ailleurs les promesses gouvernementales sur le sujet), cette décision met les structures dans une situation financière intenable. La raison est assez simple. Depuis un arrêté d'août 2024, les salariés- es à temps plein de ce secteur bénéficient d'une prime mensuelle de 183 euros nets, ce qui représente un montant de 238 euros bruts par salarié- e pour l'employeur-se, hors charges patronales. On imagine sans peine l'impact sur les ressources financières des structures concernées. De son côté, l'État affirme que « certaines compensations » ont été versées en 2024, d'autres le seraient en 2025. Du moins quand on aura une loi de finances. On sait ce qu'il est advenu en 2025 et ce qui se profile pour 2026…

Depuis plusieurs mois, différentes ONG alertent sur la situation et cela dans différents secteurs dont la santé sexuelle et la lutte contre le sida, l'aide aux victimes, la santé, la solidarité. Les contraintes financières sont telles que cela ne passe plus. À la clef : des plans sociaux, le gel des recrutements, la fermeture à moyen ou long terme de structures, etc. Alors même que les besoins sont de plus en plus forts et les demandes en nette hausse. Et ce n'est pas tout. S'ajoutent des coupes budgétaires (à tous les niveaux), voire un arrêt des financements publics. Mais l'attaque — appelons les choses par leur nom — n'est pas uniquement pécuniaire, elle prend d'autres formes. Dans leur ouvrage, L'État contre les associations ; anatomie d'un tournant autoritaire (Éditions Textuel), Antonio Delfini et Julien Talpin analysent comment l'État s'efforce de « mettre au pas politique » la société civile (tous domaines confondus, la santé comprise), notamment en utilisant le « contrat d'engagement républicain ». Un « contrat » que les associations doivent signer et respecter, au risque de perdre leur agrément et les financements publics. L'ouvrage, aussi édifiant que glaçant, montre à quel point la défiance (la rupture ?) est désormais installée entre le monde associatif et les pouvoirs publics sur la question des libertés associatives et publiques. On ne devrait pas être surpris, tant, depuis 2017, on assiste au plus haut niveau de l'État à une forme de mépris à l'égard des corps intermédiaires (syndicats, associations, principalement). Mais, il y a de quoi être en colère. Après tout, ce qui est à l'oeuvre aujourd'hui en France traduit une forme de « décrochage démocratique », comme le pointe la Fédération internationale des droits humains. Elle déplore « une régression préoccupante des libertés publiques ». Bien sûr, la France reste une démocratie, mais une démocratie dans laquelle on cherche, y compris du fait des pouvoirs publics, à décrédibiliser des associations et les combats qu'elles portent. Ce qui est fait aujourd'hui ne risque-t-il pas d'être amplifié dans les mains d'un pouvoir d'extrême droite illibéral ?

En colère, quand on voit qu'un rapport de l'inspection générale des Finances et de l'Inspection générale de l'Éducation, du Sport et de la Recherche, de juillet 2025 (commandé par l'ancien Premier ministre Michel Barnier) préconisait de rendre moins intéressantes les réductions d'impôts suites à des dons faits à des associations. Différents scénarios étaient envisagés prévoyant de 430 millions à un milliard d'euros d'économies. Le rapport expliquait que le « régime fiscal français [apparaissait] particulièrement avantageux » comparativement à ceux d'autres pays. Quelle bonne idée que d'ajouter à un contexte de disette, une pointe de racket. Évidemment, sans mesurer, ni anticiper l'impact financier sur les structures concernées.

En colère encore quand on voit — pour ne parler que de la lutte contre le sida — que les décisions prises fragilisent un secteur et avec lui la « réponse collective à l'épidémie, à la qualité de vie et aux conditions de vie des personnes usagères de ces associations », comme le souligne Florence Thune. « Nous sommes à l'étape la plus difficile : le dernier kilomètre, expliquent les signataires de la tribune de L'Humanité. Si nous échouons à atteindre les personnes les plus éloignées du système de santé — celles que la précarité, la discrimination, les inégalités ou l'isolement rendent inaccessibles aux dispositifs classiques — c'est l'ensemble de notre politique de santé sexuelle qui échouera. Sans les associations, aucune stratégie de santé sexuelle ne peut prétendre être universelle, équitable ou efficace. » En fait, désormais le risque est grand que « l'ambition de la France de mettre fin à l'épidémie [de sida] d'ici 2030 » ne soit qu'un « slogan vide », un renoncement aux engagements que la France a pris, un échec cinglant. Le secteur de la lutte contre le sida en France tiendra-t-il jusqu'en 2030 ? Nous en sommes là.[-]
SIDA : QUAND L'ÉTAT DÉBRANCHE LES ASSOS

Le secteur de la lutte contre le VIH/sida en France tiendrat- il jusqu'en 2030 ? La question pourrait passer pour rhétorique si on en juge par la teneur très alarmiste d'une tribune publiée le 17 septembre, dans les colonnes de L'Humanité. « À l'initiative de Sidaction, 93 structures et 175 personnalités et acteurs/actrices de la lutte contre le VIH et de la solidarité ont signé une tribune rappelant que ...[+]

IST SIDA ; S.I.D.A. ; V.I.H. ; TEMOIGNAGE ; LUTTE FEMINISTE

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y

La nuit au coeur | Gallimard 2025

Livre

- 288
Cote : B42 APP
"De ces nuits et de ces vies, de ces femmes qui courent, de ces coeurs qui luttent, de ces instants qui sont si accablants qu'ils ne rentrent pas dans la mesure du temps, il a fallu faire quelque chose. Il y a l'impossibilité de la vérité entière à chaque page mais la quête désespérée d'une justesse au plus près de la vie, de la nuit, du coeur, du corps, de l'esprit. De ces trois femmes, il a fallu commencer par la première, celle qui vient d'avoir vingt-cinq ans quand elle court et qui est la seule à être encore en vie aujourd'hui. Cette femme, c'est moi." La nuit au coeur entrelace trois histoires de femmes victimes de la violence de leur compagnon. Sur le fil entre force et humilité, Nathacha Appanah scrute l'énigme insupportable du féminicide conjugal, quand la nuit noire prend la place de l'amour.[-]
"De ces nuits et de ces vies, de ces femmes qui courent, de ces coeurs qui luttent, de ces instants qui sont si accablants qu'ils ne rentrent pas dans la mesure du temps, il a fallu faire quelque chose. Il y a l'impossibilité de la vérité entière à chaque page mais la quête désespérée d'une justesse au plus près de la vie, de la nuit, du coeur, du corps, de l'esprit. De ces trois femmes, il a fallu commencer par la première, celle qui vient ...[+]

TEMOIGNAGE ; féminicide ; VIOL

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V
- 144
Cote : F43 TAL
Enfant, j'ai guetté des signes dans la rue, dans les films, dans les chansons. J'ai rêvé de devenir Don Diego de la Vega et fantasmé sur les modèles lingerie de la Redoute. Je suis tombée amoureuse de ma « meilleure amie ». Comme toutes celles d'entre nous qui ont grandi dans les années 80-90, je me suis cognée contre la norme sans savoir que c'en était une.
Voici les leçons tirées de ma quête héroïque et solitaire.

BANDE DESSINEE ; TEMOIGNAGE ; LGBT ; LESBIANISME

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- 216
Cote : G21 CHO
À toutes celles qui sont mortes dans la clandestinité d'avoir refusé de mener à terme une grossesse qu'elles ne désiraient pas.

Elles ont 18, 24 ou 51 ans. Elles sont enceintes de trois semaines, un mois et demi?; parfois beaucoup plus. Souvent, elles sont déjà mères. De deux, trois, quatre, cinq ou six enfants. Elles ne peuvent plus «?joindre les deux bouts?». Sont «?capables du pire?». Elles ne veulent pas «?engager la vie d'un petit être non désiré?». Elles souhaitent avorter. Alors, «?l'espoir au cœur?», elles écrivent à un médecin célèbre. À une époque où avorter est illégal, elles savent à quoi elles s'exposent mais elles sont déterminées.

Ces lettres pour un avortement illégal sont issues des archives de Choisir la cause des femmes. Témoignages historiques exceptionnels, elles tracent le portrait social et humain de celles qui étaient pénalisées pour avortement en France dans les années 1970. Ces voix nous ramènent à l'origine de nos luttes. Elles nous font connaître notre histoire pour pouvoir mieux l'écrire aujourd'hui et donnent de la force pour construire une Europe féministe, queer, intersectionnelle et antifasciste.[-]
À toutes celles qui sont mortes dans la clandestinité d'avoir refusé de mener à terme une grossesse qu'elles ne désiraient pas.

Elles ont 18, 24 ou 51 ans. Elles sont enceintes de trois semaines, un mois et demi?; parfois beaucoup plus. Souvent, elles sont déjà mères. De deux, trois, quatre, cinq ou six enfants. Elles ne peuvent plus «?joindre les deux bouts?». Sont «?capables du pire?». Elles ne veulent pas «?engager la vie d'un petit être non ...[+]

TEMOIGNAGE ; AVORTEMENT ; AVORTEMENT ILLEGAL ; LUTTE FEMINISTE ; HISTOIRE ; IVG

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- 224
Cote : F6 COU
Le tabou des tabous. La journaliste Marine Courtade décortique les mécanismes de silence autour de l'inceste. Son terrain d'enquête ? Sa propre famille. Avec un savant mélange de rigueur et de dérision, elle s'embarque dans un tour de France audacieux afin de confronter un à un ses oncles et tantes avec la même question : pourquoi vous êtes-vous tus ?

BANDE DESSINEE ; INCESTE ; VIOL ; TEMOIGNAGE

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Une obsession | charivari 2025

Livre

- 292
Cote : F4 ANT
En vue d'un voyage à Venise après une séparation, Nine Antico s'interroge sur son obsession pour les garçons et l'amour. Elle remonte le fil de son désir, sonde son besoin impérieux de séduire et exhume un souvenir d'enfance, clé de voûte de son rapport au sexe, aux hommes et à elle-même. Figure de la bande dessinée féminine et féministe, Nine Antico poursuit les thématiques abordées dans ses précédentes BD, Le Goût du paradis, Coney Island Baby et Madones et putains, en questionnant la part de déterminisme et de libre arbitre dans notre sexualité.[-]
En vue d'un voyage à Venise après une séparation, Nine Antico s'interroge sur son obsession pour les garçons et l'amour. Elle remonte le fil de son désir, sonde son besoin impérieux de séduire et exhume un souvenir d'enfance, clé de voûte de son rapport au sexe, aux hommes et à elle-même. Figure de la bande dessinée féminine et féministe, Nine Antico poursuit les thématiques abordées dans ses précédentes BD, Le Goût du paradis, Coney Island Baby ...[+]

BANDE DESSINEE ; SEXUALITE ; TEMOIGNAGE ; INCESTE ; VIOL

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- 216
Cote : I54 LEH
Après Nowhere Girl, album dans lequel elle révélait comment les Beatles lui avaient permis de passer le cap de sa phobie scolaire au collège, Magali Le Huche raconte un autre moment grave de son existence. À l'aube de ses quarante ans, la dessinatrice découvre qu'elle a un cancer du sein. Toujours armée de sa fantaisie et de son auto-dérision, elle se découvre également une passion pour Joe Strummer, le chanteur de The Clash. Pour se battre contre sa maladie, Magali convoque l'énergie de la musique punk, où les guitares sont comme des armes sur le champ de bataille.[-]
Après Nowhere Girl, album dans lequel elle révélait comment les Beatles lui avaient permis de passer le cap de sa phobie scolaire au collège, Magali Le Huche raconte un autre moment grave de son existence. À l'aube de ses quarante ans, la dessinatrice découvre qu'elle a un cancer du sein. Toujours armée de sa fantaisie et de son auto-dérision, elle se découvre également une passion pour Joe Strummer, le chanteur de The Clash. Pour se battre ...[+]

TEMOIGNAGE ; BANDE DESSINEE ; Coup de coeur ; CANCER ; CANCER DU SEIN ; SANTE

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- 165
Cote : F6 MAR
Je m'appelle Anna, j'ai 25 ans. Je ne suis pas journaliste police-justice, ceci n'est pas un livre sur Mazan. C'est un livre sur ce que Mazan a remué, déplacé. Ce que j'y raconte n'est pas le procès tel qu'il s'est inscrit dans l'histoire judiciaire, mais tel qu'il a agi en nous, les femmes. Il est écrit depuis ma place – une place de survivante, de militante, de témoin. Il parle de ce que ma génération de militantes est en droit d'espérer.

VIOL ; VIOLENCE ; PROCES ; TEMOIGNAGE ; LUTTE FEMINISTE

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- 304
Cote : F40 BRI
Nés à partir de la fin des années 1990, ils sont la première génération à avoir grandi avec un téléphone portable dans la main, sans que personne leur donne de mode d'emploi. Comment construit-on sa sexualité quand on a grandi avec le porno à portée de clic ? Comment définit-on le désir et l'amour à l'ère de l'instantanéité et de la fluidité ? Comment invente-t-on de nouveaux récits amoureux, loin des modèles hérités ? Entre pornographie omniprésente, applications de rencontres et nouvelles définitions de l'intimité, la génération Z, qui a essuyé les plâtres de l'invasion du numérique dans nos vies, n'a pas le choix : elle doit réinventer totalement les codes amoureux. Pendant deux ans, j'ai parcouru la France, rencontrant des jeunes de dix-huit à vingt-huit ans, pour comprendre comment ma génération navigue entre hypersexualisation et quête de consentement, entre désirs numériques et aspirations intimes. Au-delà des clichés, j'ai recueilli des paroles brutes et authentiques. Une enquête qui décrypte sans jugement les mutations profondes de l'intimité d'une génération.[-]
Nés à partir de la fin des années 1990, ils sont la première génération à avoir grandi avec un téléphone portable dans la main, sans que personne leur donne de mode d'emploi. Comment construit-on sa sexualité quand on a grandi avec le porno à portée de clic ? Comment définit-on le désir et l'amour à l'ère de l'instantanéité et de la fluidité ? Comment invente-t-on de nouveaux récits amoureux, loin des modèles hérités ? Entre pornographie ...[+]

ENQUETE ; SEXUALITE ; ADOLESCENCE ; TEMOIGNAGE

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- 304
Cote : F46 KHA
Ce sont des femmes que tout le monde regarde mais que personne ne veut voir et encore moins entendre. Elles sont parties civiles dans deux procès majeurs qui doivent se tenir en France, ceux des affaires « French Bukkake » et « Jacquie et Michel ». Pour la première fois, les organisateurs, producteurs et acteurs de la violence pornographique seront jugés pour un système d'exploitation et de domination des femmes, de violences sexistes, racistes et classistes : traite d'êtres humains en bande organisée, proxénétisme, viols en réunion, violence, chantage, menaces.

Des dizaines de femmes ont porté plainte. Quinze autrices sont allées à leur rencontre pour raconter leurs histoires. Chacune à leur façon, elles disent à la fois leur résistance farouche et la violence qui continue longtemps après les tournages.[-]
Ce sont des femmes que tout le monde regarde mais que personne ne veut voir et encore moins entendre. Elles sont parties civiles dans deux procès majeurs qui doivent se tenir en France, ceux des affaires « French Bukkake » et « Jacquie et Michel ». Pour la première fois, les organisateurs, producteurs et acteurs de la violence pornographique seront jugés pour un système d'exploitation et de domination des femmes, de violences sexistes, racistes ...[+]

VIOL ; VIOLENCE ; PORNOGRAPHIE ; TEMOIGNAGE ; SEXISME ; DISCRIMINATION ; Traite des femmes

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- 384
Cote : G10 LOP
Une fois que Belén a parlé, il n'y a plus de retour en arrière possible. C'est la parole, plus que l'acte dénoncé, qui fait voler en éclats la famille. Face à la révélation de l'inceste, les voix s'élèvent. Chacun a quelque chose à dire pour essayer de rendre l'inacceptable tolérable et justifier les abus de l'oncle policier. Plus tard, lors de la préparation du procès, c'est encore la parole de Belén qui est remise en cause. Pour espérer être entendue par la justice, il faut transformer ses traumatismes en récit et faire...
En faisant habilement dialoguer les voix des proches et le langage déshumanisé des institutions policières, judiciaires et médicales, Belén López Peiró crée une polyphonie étourdissante qui révèle toute la violence à laquelle est confrontée celle qui ose demander justice. Là où je n'ai plus pied documente les difficultés de la procédure judiciaire, le combat jusqu'à l'épuisement en quête de réparation et le caractère collectif de la maltraitante. [-]
Une fois que Belén a parlé, il n'y a plus de retour en arrière possible. C'est la parole, plus que l'acte dénoncé, qui fait voler en éclats la famille. Face à la révélation de l'inceste, les voix s'élèvent. Chacun a quelque chose à dire pour essayer de rendre l'inacceptable tolérable et justifier les abus de l'oncle policier. Plus tard, lors de la préparation du procès, c'est encore la parole de Belén qui est remise en cause. Pour espérer être ...[+]

LITTERATURE ; TEMOIGNAGE ; VIOL ; INCESTE ; FAMILLE ; JUSTICE

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- 100
Cote : REMAIDES 132
Créées en 2016, les salles de consommation à moindre risque (SCMR), aujourd'hui dénommées haltes soins addictions (HSA), vont-elles survivre à 2025 et au gouvernement actuel ? Rien n'est assuré. Fin 2025, leur expérimentation prend fin. Le 1er janvier 2026, si le dispositif n'est pas pérennisé par le législateur, les haltes soins addictions fermeront leurs portes. Un peu partout dans le champ de la réduction des risques (RdR) — en premier lieu dans les deux uniques HSA françaises : celles de Paris et Strasbourg —, l'inquiétude monte. En témoignent des articles (Le Nouvel Économiste, etc.) et des dépêches (AFP, etc.). Cette expérimentation, décidée dans la loi de 2016, a duré une vie — près de dix ans. Une durée excessive alors même que des exemples étrangers (Suisse, Canada, etc.), largement comparables au dispositif français, montrent depuis longtemps leur efficacité et leur pertinence, à la fois pour les utilisateurs-rices et au regard des enjeux de santé publique. Mais non, si ce n'est pas estampillé français, il y a comme un doute. Et puis, c'est une spécialité de chez nous que de vouloir expérimenter « à la française », longtemps (trop longtemps !) à défaut de décider et d'agir. Et peu importe si des personnes usagères sont victimes des atermoiements des pouvoirs publics sur le sujet.[-]
Créées en 2016, les salles de consommation à moindre risque (SCMR), aujourd'hui dénommées haltes soins addictions (HSA), vont-elles survivre à 2025 et au gouvernement actuel ? Rien n'est assuré. Fin 2025, leur expérimentation prend fin. Le 1er janvier 2026, si le dispositif n'est pas pérennisé par le législateur, les haltes soins addictions fermeront leurs portes. Un peu partout dans le champ de la réduction des risques (RdR) — en premier lieu ...[+]

V.I.H. ; IST SIDA ; TEMOIGNAGE ; CONSOMMATION ; DROGUE ; REDUCTION DES RISQUES

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Blanche REAT, Maelle | Glénat 2025

Livre

- 256
Cote : I52 REA
Blanche est une infirmière dévouée. Divorcée, elle élève seule ses enfants, dont sa fille adolescente. Pour cette dernière, c'est le temps des premières expériences mais pour sa mère, c'est une source d'inquiétudes qui puise ses racines dans sa propre histoire. Ce n'est pas pour rien que Blanche collectionne les anges et désinfecte souvent la maison. Au détour d'une conversation mère-fille, elle va enfin révéler un lourd secret qu'elle porte depuis trente ans. L'histoire de Blanche débute dans les années 1980. C'est l'époque de Freddie Mercury et d'une émancipation soudaine pour Blanche, qui quitte la maison à 13 ans. C'est l'époque d'une vie de junkie et de l'arrivée en France d'une maladie encore méconnue, « le cancer gay ». Car à 19 ans, Blanche sera une des premières contaminées par le virus du VIH. Durant trente ans, cette mère de famille, qui a reconstruit sa vie, a livré un combat âpre. Aujourd'hui, elle raconte. Comment apprivoiser le virus, la honte de soi et le jugement. Comment accepter de prendre les 14 comprimés par jour au début du traitement. Comment répondre à la question « Comment l'avez-vous attrapé ? », posée à une époque où le virus est synonyme de dépravation. Mais elle raconte aussi son mariage, ses études, Act Up-Paris, le Sidaction et la force d'avancer. Elle raconte l'envie de maternité, le combat qu'a été sa grossesse, l'hôpital, la bienveillance, la peur, les doutes. Elle raconte sa fille, née le 1er décembre 2000 pour la journée mondiale de la lutte contre le Sida et, enfin, elle raconte son envie de pardonner, de lâcher prise sur la vie… Blanche se raconte et sa fille l'écoute. Elle écoute, pour la première fois, le parcours d'une femme exceptionnelle.
C'est l'histoire d'un passé insoupçonnable et d'un incroyable parcours, enfoui depuis trente ans, que le récit magnifie. Maëlle Reat s'empare de cette histoire vraie et la porte avec force. Elle signe un témoignage bouleversant et terriblement inspirant qui nous rappelle la fragilité de la vie. Récit personnel avec un éclairage historique sur le VIH, message d'information, de prévention mais aussi d'espoir pour les personnes marginalisées, Blanche est tout ceci. Une œuvre puissante, émouvante et nécessaire à une époque où aucun traitement ne permet la guérison du virus, qui continue de se propager.
Créée en 1984, AIDES est la première association de lutte contre le VIH/sida et les hépatites virales en France et en Europe. Depuis plus de 40 ans, AIDES agit avec et auprès des populations touchées ou exposées au VIH/sida et aux hépatites virales afin de réduire les nouvelles infections, et pour les accompagner vers le soin et dans la défense de leurs droits.[-]
Blanche est une infirmière dévouée. Divorcée, elle élève seule ses enfants, dont sa fille adolescente. Pour cette dernière, c'est le temps des premières expériences mais pour sa mère, c'est une source d'inquiétudes qui puise ses racines dans sa propre histoire. Ce n'est pas pour rien que Blanche collectionne les anges et désinfecte souvent la maison. Au détour d'une conversation mère-fille, elle va enfin révéler un lourd secret qu'elle porte ...[+]

BANDE DESSINEE ; TEMOIGNAGE ; IST SIDA ; V.I.H. ; SANTE

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- 167
Cote : E2 DUP
Pourquoi faudrait-il être en couple pour devenir mère ?
« De mes 25 à mes 35 ans, j'ai eu peur. Peur qu'il ne soit déjà trop tard pour devenir mère. Mon corps m'a toujours semblé être au bord de son propre gouffre. Peur, aussi, de ne jamais trouver le bon compagnon. Car pour être mère, il me fallait me caser. Presque tous les films, les chansons, les films avec lesquels j'ai grandi me répétaient qu'il ne pouvait y avoir pire destin que de “finir seule” à 35 ans. C'est pourtant là exactement où la vie m'a menée. Et c'est là que ma rébellion a commencé. Que j'ai commencé à vérifier qu'on ne me racontait pas n'importe quoi. Spoiler : on s'est bien foutu de notre gueule (et je suis devenue mère). » Judith Duportail est mère de jumeaux qu'elle a conçus lors d'une PMA seule. Elle démontre qu'il existe bien d'autres chemins vers la maternité que le couple et l'amour romantique. Mais ils ne sont jamais valorisés, et sont quasiment absents de nos imaginaires et de nos représentations. Son essai propose une analyse politique des nouveaux discours misogynes autour du célibat et de nos corps. C'est aussi le récit du courage et de l'imagination qu'il faut déployer pour faire famille hors du couple hétéro. Et une mine d'informations concrètes et pratiques pour toutes celles qui aimeraient se lancer dans une maternité rebelle.[-]
Pourquoi faudrait-il être en couple pour devenir mère ?
« De mes 25 à mes 35 ans, j'ai eu peur. Peur qu'il ne soit déjà trop tard pour devenir mère. Mon corps m'a toujours semblé être au bord de son propre gouffre. Peur, aussi, de ne jamais trouver le bon compagnon. Car pour être mère, il me fallait me caser. Presque tous les films, les chansons, les films avec lesquels j'ai grandi me répétaient qu'il ne pouvait y avoir pire destin que de ...[+]

MATERNITE ; PROCREATION MEDICALEMENT ASSISTEE ; FAMILLE MONOPARENTALE ; TEMOIGNAGE

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y
- 210
Cote : F6 BEL
Pendant une heure et quart, j'ai raconté mon histoire, ce voyage au bout de la nuit dont j'ai failli ne pas revenir. Les jurés écoutaient en silence, concentrés, l'air grave. À la toute fin de mon intervention, je me suis tournée vers Rudy, qui ne manifestait aucune émotion derrière sa vitre. Bien droite, fière, je l'ai regardé longuement puis l'ai interpellé. " Tu vois, Rudy, tu étais persuadé que je ne dirais rien. Que je ne porterais jamais plainte contre toi malgré ce que tu me faisais subir. Eh bien, tu t'es trompé. "
Sept ans plus tard, je ne peux garantir l'exactitude de ces mots, seulement leur teneur. En revanche, je me souviens très précisément des trois derniers, que j'ai prononcés en fixant Rudy droit dans les yeux : " Échec et mat. " Non, il ne m'avait pas brisée. J'étais debout, pleine de vie, insoumise. [-]
Pendant une heure et quart, j'ai raconté mon histoire, ce voyage au bout de la nuit dont j'ai failli ne pas revenir. Les jurés écoutaient en silence, concentrés, l'air grave. À la toute fin de mon intervention, je me suis tournée vers Rudy, qui ne manifestait aucune émotion derrière sa vitre. Bien droite, fière, je l'ai regardé longuement puis l'ai interpellé. " Tu vois, Rudy, tu étais persuadé que je ne dirais rien. Que je ne porterais jamais ...[+]

TEMOIGNAGE ; VIOLENCE SEXUELLE ; PROCES

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y
- 112
Cote : F4 BRA
Adolescente, je pensais qu'à mes 30 ans, je passerais mes week-ends à faire la fête et à faire l'amour, que je vivrais des relations saines et joyeuses et que j'aurais même, peut-être, trouvé le grand amour... Aujourd'hui, j'ai 29 ans, et ce n'est pas vraiment le cas ! Ma vie est super, mais sur le plan amoureux, c'est la merde. Dans cette BD, je vais vous raconter mes dates foireux, mon célibat, mes années d'abstinence et mon rapport au sexe de meuf hétéro un peu paumée. Et pour mieux saisir la diversité des expériences, je vais aussi à la rencontre de la sexologue Claire Alquier (toujours de bon conseil) et d'autres personnes qui témoignent de leur sexualité bien différente de la mienne. Une BD qui parle de cul avec franc-parler, humour et intelligence (dixit mon éditrice), sublimée par les illustrations pétillantes de Lucymacaroni.[-]
Adolescente, je pensais qu'à mes 30 ans, je passerais mes week-ends à faire la fête et à faire l'amour, que je vivrais des relations saines et joyeuses et que j'aurais même, peut-être, trouvé le grand amour... Aujourd'hui, j'ai 29 ans, et ce n'est pas vraiment le cas ! Ma vie est super, mais sur le plan amoureux, c'est la merde. Dans cette BD, je vais vous raconter mes dates foireux, mon célibat, mes années d'abstinence et mon rapport au sexe de ...[+]

BANDE DESSINEE ; SEXUALITE ; Grossophobie ; TEMOIGNAGE ; RELATION AMOUREUSE ; CORPS

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y
- 240
Cote : E61 ADR
L'amour de Robinson, c'est la plus belle chose qui arrive à Joy en cette année de première. Un amour précieux quand on vit, comme elle, dans une famille où les hommes ne restent pas. De fous rires en discussions sans fin, rien ne peut compromettre ce bonheur. Jusqu'au jour où Joy apprend qu'elle est enceinte. Un bébé à 17 ans, c'est l'histoire de sa mère et de Mamika, pas la sienne. Joy sait quel choix faire : elle va avorter. Mais sans le soutien de sa famille, Joy n'est pas aussi libre qu'elle le pensait... Un roman de liberté et d'amour porté par l'écriture vibrante de Sophie Adriansen.[-]
L'amour de Robinson, c'est la plus belle chose qui arrive à Joy en cette année de première. Un amour précieux quand on vit, comme elle, dans une famille où les hommes ne restent pas. De fous rires en discussions sans fin, rien ne peut compromettre ce bonheur. Jusqu'au jour où Joy apprend qu'elle est enceinte. Un bébé à 17 ans, c'est l'histoire de sa mère et de Mamika, pas la sienne. Joy sait quel choix faire : elle va avorter. Mais sans le ...[+]

AVORTEMENT ; LITTERATURE JEUNESSE ; ADOLESCENCE ; TEMOIGNAGE ; IVG

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Cote : G10 TAM
« Un souffle tellement puissant qu'il pulvérise autant qu'il galvanise... Le goût du vitriol et de la lucidité. » Chloé Delaume

« Tu ne seras ni social justice guérillère ni caution féministe pour ligne budgétaire. »

alex~tamécylia a 37 ans. Autrice, poétexsse et performeureuse, ielle anime à Paris les ateliers d'écriture féministe Langue de Lutte dans divers lieux dont La Mutinerie et la librairie Violette and Co ; ielle a confié son manuscrit au nouvel attila par admiration pour Michelle Lapierre-Dallaire. [-]
« Un souffle tellement puissant qu'il pulvérise autant qu'il galvanise... Le goût du vitriol et de la lucidité. » Chloé Delaume

« Tu ne seras ni social justice guérillère ni caution féministe pour ligne budgétaire. »

alex~tamécylia a 37 ans. Autrice, poétexsse et performeureuse, ielle anime à Paris les ateliers d'écriture féministe Langue de Lutte dans divers lieux dont La Mutinerie et la librairie Violette and Co ; ielle a confié son ...[+]

TEMOIGNAGE ; POESIE ; LUTTE FEMINISTE ; LITTERATURE

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Cote : REMAIDES 131
« Quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver ». La formule, brutale et odieuse, avait la faveur de plusieurs dignitaires nazis lors de la Seconde Guerre mondiale. Donald Trump et son administration semblent, aujourd'hui, remplacer, sans difficulté, le mot « culture » par celui de « science ». Ce parallélisme n'est pas outrancier lorsqu'on voit les décisions prises par la nouvelle équipe dirigeante depuis janvier. Ces décisions sont de deux ordres et visent un objectif unique : faire la guerre au savoir. La première stratégie consiste à créer une « novlangue » — un langage, imaginé par George Orwell dans son roman 1984, dont le but est l'anéantissement de la pensée, l'asservissement du peuple. « Novlangue », dont Le Monde a analysé (2 mars) avec précision les arcanes et ressorts. Cela passe par des changements de noms géographiques (Le golfe du Mexique transformé en golfe d'Amérique), un usage détourné de certains termes (les programmes publics renommés du terme générique : « fraude ») et surtout l'interdiction de l'usage de certains mots dans l'administration et la recherche. Plusieurs dizaines de mots ou expressions sont ainsi proscrites. Cela va de justice sociale à LGBT, de transgenre à inclusion, de sciences sociales à orientation sexuelle, de black à diversité, etc. La liste est interminable. Elle sidère par l'obscurantisme qu'elle véhicule. Désormais, le vocabulaire LGBT+ est interdit sur le site des CDC (Centers of Disease Control, l'agence de santé publique et de contrôle des maladies). Une façon de laisser de côté les populations clefs dans le champ de la santé publique. Est-ce une bonne idée lorsqu'on connaît l'impact du sida (pour ne parler que de celui-ci) dans ces groupes ? L'administration Trump est même allée jusqu'à interdire l'usage de « femme », « personne âgée » ou « handicapé » à l'agence américaine du médicament (FDA, Food and Drug Administration) avant de revenir en arrière. L'absurdité de la censure a sauté au visage de tout le monde, y compris de celui de celles et ceux qui en étaient à l'initiative.



Il faut comprendre cette stratégie pour ce qu'elle est : une révolution conservatrice lexicale qui mue en assaut contre la recherche. Dans un article publié le 14 mars sur le site Slate.fr, Albin Wagener, professeur en analyse de discours et communication (Institut catholique de Lille) démontre que cette politique vise à « interdire de dire pour mieux empêcher de penser ». Attaquer la langue fait « partie de l'arsenal habituel des totalitarismes », affirme le chercheur. C'est le moyen évident de « transmettre par le langage l'idéologie du pouvoir en place. » Mais pas seulement, note le chercheur, en faisant ainsi, on cherche à « utiliser des effets rhétoriques pour détourner l'attention » et « imposer une vision morale par la force ». Contrôler l'usage de certains mots dans la recherche, c'est stopper des travaux en cours et en interdire de futurs. C'est l'antinomie même de la démarche scientifique, de la curiosité, de l'inventivité. La seconde stratégie est plus coercitive : les arrêts de financements et les licenciements. Du jour au lendemain, l'administration Trump a supprimé une partie conséquente des subventions versées par l'État fédéral aux plus grandes agences scientifiques américaines. Elles étaient chargées de sélectionner et financer les projets de milliers de labos de recherches, d'universités. Sans financements, ; ce sont des projets à l'arrêt, voire annulés. La prestigieuse université John Hopkins qui mène beaucoup de recherches sur le VIH s'est vue privée de 800 millions de dollars (735 millions d'euros). Elle a mis fin à de nombreux programmes et licencié 247 chercheurs-ses aux ÉtatsUnis et près de 2000 dans 44 autres pays. Couper dans les crédits et dans les effectifs, c'est la feuille de route qui a été confiée par Trump à Elon Musk, à la tête du Doge (la commission de l'Efficacité gouvernementale). Au cœur de la cible, les instituts nationaux de santé (NIH), la FDA, les CDC qui sont pourtant responsables de la surveillance des maladies infectieuses. Quasiment toutes les grandes agences de santé et de recherche ont été contraintes de licencier près de 10 % de leurs effectifs ; parfois plus. La sinistre « purge » a démarré le 1er avril dernier. Le « plan de restructuration » de l'administration Trump prévoit la suppression de 10 000 postes à l'échelon fédéral. Des témoignages et des photos publiés sur les réseaux sociaux montrent que des employés-es ont appris brutalement leur licenciement tôt le matin par mail ou en arrivant directement sur leur lieu de travail, leur badge d'accès ayant cessé de fonctionner. La brutalité est souvent associée à l'humiliation. Selon des médias américains, plusieurs hauts responsables d'agences de recherche se sont vu proposer, ces dernières semaines, une réaffectation dans des lieux isolés, en plein milieu de l'Alaska ou de l'Oklahoma.

Bien évidemment, la contestation s'est organisée aux États-Unis (voir en page 26) et ailleurs, d'autant que la politique de Donald Trump n'affecte pas uniquement la recherche, dont celle sur les maladies infectieuses. Elle risque de mettre à bas la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme avec les arrêts « temporaires » de Pepfar (Plan américain d'urgence pour la lutte contre le sida) et de l'aide au développement américaine (Usaid) (voir en pages 50, puis 76 de ce numéro). « Ce qui se passe aux États-Unis est non seulement un signal très fort des menaces que le populisme et les régimes anti-libéraux font peser sur le fonctionnement des démocraties, c'est aussi un coup très violent porté à la liberté d'expression, à la créativité, à la recherche », expliquaient (17 mars 2024, dans Le Monde) Yasmine Belkaid, directrice générale de l'Institut Pasteur, et Bana Jabri, directrice générale de l'Institut Imagine ; toutes deux immunologistes ayant travaillé aux États-Unis. Bien sûr, le milieu de la recherche français affiche sa solidarité et son soutien, mais dans le contexte budgétaire très tendu de ce secteur, on voit mal arriver, ici, les nombreux-ses chercheurs-ses licenciés-es des institutions américaines. Et puis, il y a le contexte général du moment, en France. Une partie de la classe politique est sensible aux thèses trumpiennes (l'anti-wokisme) et à ses méthodes. Certains rêvent d'un Doge à la française. Interviewée le 7 mars par l'AFP, l'épidémiologiste Dominique Costagliola, également administratrice de AIDES, expliquait — que même s'il n'y avait pas « d'attaque délibérée » comparable en France —, « on n'est pas si loin que ça puisse se passer ici aussi », citant la diminution des crédits de recherche, les « attaques contre le “wokisme” dans les universités » ou celles contre l'Office de la biodiversité (OFB) et l'Institut national de recherche agronomique (INRAE). Et de conclure : « La science et la recherche de la vérité sont déterminantes pour notre espèce ». Qui y croit encore ?[-]
« Quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver ». La formule, brutale et odieuse, avait la faveur de plusieurs dignitaires nazis lors de la Seconde Guerre mondiale. Donald Trump et son administration semblent, aujourd'hui, remplacer, sans difficulté, le mot « culture » par celui de « science ». Ce parallélisme n'est pas outrancier lorsqu'on voit les décisions prises par la nouvelle équipe dirigeante depuis janvier. Ces décisions sont de ...[+]

TEMOIGNAGE ; V.I.H. ; IST SIDA ; S.I.D.A. ; SEROPOSITIVITE ; DISCRIMINATION

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